Donnybrook / Frank Bill

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« […] Le Donnybrook constituait […] un tournoi clandestin organisé tous les ans au mois d’août. Trois jours de combats sur un terrain de cinq cents hectares au cœur de la forêt, propriété de Bellmont McGill: un enfoiré sadique, riche à en crever. Vingt concurrents entraient sur un ring clôturer, un seul en sortait. Des hordes de spectateurs, hommes, femmes, allumés à la gnôle, camés jusqu’à la moelle, pariaient devant leurs grillades. Deux matches vendredi, quatre samedi. Les six finalistes s’affrontaient dimanche pour cent mille dollars. ».

Pour Marine, remporter le Donnybrook est la promesse d’une vie meilleures. Pas la sienne mais celle de ses deux enfants qu’il arrive à peine à nourrir. Pour Liz, c’est le lieux rêver pour y écouler la came qu’elle à voler à son frère, Angus La Découpe et ainsi s’affranchir de sa protection et de son insupportable tendance à la violence. Pour Angus c’est l’endroit où se trouve Liz et son compère, Ned, qui l’on abattu et laisser pour mort. Sa vengeance n’a pas de prix et la came est la sienne. Pour Whalen, fonctionnaire de police sur les traces d’Anges et Liz, la vengeance passera aussi par le Donnybrook. Si les deux dealers ont laissé sur leur passage bon nombre de cadavres, ils n’auraient jamais du abattre le neveu de Whalen. Mais avant de monter sur le ring pour combattre lors du tournoi, il faut encore pouvoir atteindre la propriété de Bellmont McGill.

Donnybrook est une course poursuite au cœur de l’Amérique profonde, une quête d’un lieu plein de promesse, vers lequel tous convergent dans l’espoir d’une vie meilleure. Mais l’enfer est pavée de bonnes intentions et le chemin pour atteindre le lieu de leur rédemption, de leur rêve ou de leur vengeance ne sera de loin pas un fleuve tranquille pour les protagonistes de ce roman à couper le souffle.

« Le rêve américain avait vécu, puis il s’était perdu. A présent, travailler aux Etats-Unis signifiait juste que vous étiez un numéro qui essayait de gagner un peu plus de fric pour ceux d’en haut. Et si vous en étiez incapable, il existait d’autres numéros pour prendre votre place. ».

D’une violence inouïe, Donnybrook décortique le désespoir d’une Amérique qui oscille entre désespoir, bêtise sans nom ou individualisme forcené. Ecrit avec le tranchant d’une machette ou le fil d’un rasoir, ce livre ne cherche pas à comprendre les raisons de cette déchéance, il se contente d’en livrer le quotidien cru et au sein duquel l’espoir passe par une condition encore pire que celle que l’on cherche à quitter. Au final il ne reste dans la bouche du lecteur le goût âpre et amer d’une expérience à nulle autre pareille. Et des hectolitres de sang sur les doigts?

CouvFrank Bill
Donnybrook
Gallimard, 2014

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