Les souffrances du jeune ver de terre / Claro

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« Les désastres personnels ont cette rare vertu d’envelopper votre trop commune personnalité du voile flatteur du martyre. En contemplant l’ampleur des ravages occasionnés, j’eus le sentiment d’être quelque déité intergalactique revenue quatre cents années-lumière plus tard sur son astéroïde livré à de cruelles canailles cosmiques. Le vacancier cambriolé version surfeur d’argent ».

Frédéric Léger enchaine les désastres personnels. Entre un travail de correcteur peu motivant pour des éditions spécialisées dans les traités managériaux libéraux à souhait, un enfant parti trop tôt qui a réduit son couple à néant et une amitié pour le moins destructrice avec un journaliste aux motivations douteuses, sa vie n’est pas des plus simple. Mais elle va se compliquer encore d’avantage lorsque son chef lui confie un jeu d’épreuves à corriger. Ce livre ne devait par atterrir entre ses mains et il n’aura aucun loisir d’y jeter un œil avant de se faire passer à tabac par deux malfrats qui veulent le récupérer. Problème, il a réussi à égarer le manuscrit durant le peu de temps qu’il l’a eu en sa possession. S’en suit une enquête haletante pour démêler un écheveau politco-littéraire et briser un peu plus le semblant d’existence qui sert de vie à Frédéric Léger.

« Il me reste vingt-sept secondes pour apporter mes épreuves corrigées aux éditions de la Convivialité Transactionnelle Interprenariale. 
Et pour trouver une raison de vivre qui ne ressemble pas à une poupée de porcelaine jetée du haut de la Tour Eiffel. ».

Claro joue avec les codes du polar pour nous emmener dans la course poursuite d’un homme qui tentent de rassembler les morceaux d’une existence en miettes. Mais derrière l’apparente simplicité du genre se dissimule plus d’une réflexion sur l’impossible neutralité de l’écriture. Porté par une langue de feu, ce petit polar scotche le lecteur à ses pages. Claro écrit avec un style singulier et prouve une fois de plus que derrière des tournures unique et ahurissante, la créativité littéraire n’est pas un pis-aller mais bien une résultante du talent et du travail. Une belle claque.

Notice souffrances-01

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