Mailman / J. Robert Lennon

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« Moi, ce que je veux, c’est une petite ville tranquille et comme il faut, avec des étudiants qui rentrent chez eux l’été, sans file d’attente dans les cafétérias, ni sac de courrier trop chargés, avec des jours nuageux où la chaleur étouffante cède la place à l’orage, et qu’une heure après, tout redevienne clair et frais, et que les jardins soient jonchés de branches mortes et de nids vides tombés des arbres.».

Albert Lippincott, dit Mailman, est un facteur proche de la retraite qui vit à Nestor, « [une] ville, considérée tout autant comme le joyau que le trou du cul du monde. ».  Il effectue quotidiennement sa tournée mais se réserve un petit plaisir solitaire et illégal en soutirant quelques lettres de droite et de gauche pour les lire à discrétion avant de les acheminer à leurs destinataires. Si la vie de Mailman est aussi tranquille que Nestor, cette quiétude ne va pas durer et tout va s’emballer lorsque l’un de ses usagers se suicidera alors que notre bon facteur a en sa possession une lettre de réconfort qui lui était destinée. Commence alors le récit de la vie de Mailman qui n’est, de loin s’en faut, pas banale.

Entre ses relations tendues avec la bibliothèque de la Nestor, ses ambitions universitaires stoppées net par un coup de folie ou ses déboires lors d’une grande aventure au Kazakhstan, Mailman a eu une vie bien remplie. Et si l’on rajoute par-dessus tout cela une bonne couche de mésaventures amoureuses et de déboires sentimentaux comme ceux vécus avec son ex-femme qui le largua lors d’un voyage pour la Floride ou sa relation pour le moins ambigüe qu’il entretien avec sa sœur, l’on obtient une savoureuse histoire d’homme, bien loin de la tranquillité à laquelle il aspire tant.

Mailman se dévore page après page grâce à une noirceur tout en subtilité et un humour grinçant. Tranches d’une vie peu banale sous des apparences ordinaires, cette œuvre prend racine dans une tradition portée par d’autres auteurs américain et propulse Albert Lippincott au côté de Gus Orviston, Edgar Mint ou encore Dave Eggers. Un régal.

CouvJ. Robert Lennon
Mailman
Monsieur Toussaint Louverture, 2014

 

 

 

 

 

 

 

 

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