Prédatrice / Alissa Nutting

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Céleste est une belle jeune femme de 25 ans. Elle est prof dans un lycée de Floride, pas pour l’argent, elle est mariée à un riche hériter, pas par passion de l’enseignement mais uniquement parce qu’elle dispose sous la main d’un important vivier de jeunes hommes au seuil de la puberté. Car Céleste est une prédatrice, une pédophile insatiable qui n’éprouve du plaisir qu’entre les bras de jouvenceaux. Elle nous entraine alors dans les limbes tortueuses de ses plans pour faire céder ses proies qui ne se font pas tant prier que ça.

Derrière cette histoire sulfureuse, se trouve le talent d’Alissa Nutting qui nous offre une vision du désir peu commune, qui, au fil des chapitres, nous entraine doucement dans le piège de l’empathie. L’écriture est efficace, la narratrice délectable mais une question de taille demeure face à ce texte. Aurait-il été publié si le contexte éditorial actuel ne débordait pas de bécasses pucelles prêtes à succomber aux premières avances de leur patrons qui les entraineront immanquablement dans des expérimentations SM?

En effet, ce livre, bien qu’écrit, ce qui nous change déjà beaucoup de la vague «porn mum» pseudo sulfureuse qui se répand sur les étals des librairies, ne laisse de loin pas un souvenir impérissable. Il nous livre une franche délectation de retrouver enfin une héroïne qui si connait au niveau du sexe, qui ne se laisse pas charmer par le premier playboy de bas étages venu et qui se permet d’être maitre de son plaisir, sans concession, sans morale. Rien que pour ces raisons, ce livre fait du bien. Par contre il regorge de nombreuses longueurs malheureuses, les scènes de cul s’enchainent souvent de manière désincarnées pour ne laisser au final, qu’un goût d’inachevé une fois la dernière page tournée.

couvAlissa Nutting
Prédatrice
Sonatine, 2014

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