Les arpenteurs / Kim Zupan

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« L’homme plus âgé, qui répondait au nom de John Gload, se pencha pour attraper un sac de grain contenant les mains et la tête coupée du jeune qu’ils venaient d’ensevelir dans la terre fine et stérile des Missouri River Breaks. Des ossements anonymes à présent, parmi tant d’autres – la sombre signature de John Gload sur le paysage de cette planète. ».

John Gload n’est pas quelqu’un de fréquentable. Tueur notoire et méticuleux, il n’éprouve que peu de sentiments à l’égard de ses victimes et mène une vie paisible de meurtrier dans le Montana. Il sévira des années durant dans la plus grande impunité, jouissant parfois du concours monnayé des autorités. John Gload n’est vraiment pas quelqu’un de fréquentable. Pourtant, peu de temps après son arrestation, l’adjoint du shérif, Valentine Millimaki, débutera un semblant de relation amicale avec le sociopathe tandis qu’il est affecté à la surveillance de la prison durant le procès de Gload. Les peu de choses qui rapprochent les deux hommes sont un terrain fertile pour de longues discussions nocturnes qui, inévitablement rapprocheront les deux hommes.

« Gload s’était encore avancé sur sa chaise et il était positionné à moitié dans la lumière, à moitié dans l’obscurité, comme s’il avait été coupé en deux et exposé là, la tête et les épaules d’un criminel empaillé, un trophée présenté aux touristes et aux enfants dans un diorama de l’univers carcéral : une table, une chaise, une couchette. Un tueur. ».

De leurs enfances passées à la ferme à s’occuper d’une terre peu clémente à leur amour des femmes qui finiront par les abandonnés, les deux hommes se livrent à un déballage pudique et lent de leurs expériences. Mais où se trouve la vérité dans les révélations de chacun ? ne cherchent-ils pas tous les deux à obtenir quelque chose de l’autre ? Derrière cette conversation se dressent deux hommes qui arpentent tant bien que mal leur propre humanité.

« Les deux hémisphères de son cerveau semblaient s’affronter tandis qu’il regardait le paysage, chaque œil observant un monde différent – l’un brillant, l’autre noir et violent. La maigre paix intérieure qu’il trouvait, il la trouvait dans ce mausolée obscur en compagnie d’hommes en cage, où personne n’exigeait de lui qu’il parle – là, parmi les sociopathes, il était soulagé du fardeau de la sociabilité. ».

Les Arpenteurs revêt les traits d’un roman noir humaniste qui s’attache à cherché ce qu’il y a de bon chez ses personnage tout autan que leurs face cachées, aussi sombres soient-elles. Kim Zupan nous livre un texte délicat, qui se laisse découvrir par bride et qui louvoie, sans en avoir l’air autour de son sujet de manière hypnotique.

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Kim Zupan
Gallmeister, 2015

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