American Desperado / Jon Roberts & Evan Wright

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Jon Roberts a eu une vie bien remplie. Remplie de crimes en tous genres, de femmes et de drogues. Jon Roberts a dédié son existence au mal. Il le dit lui-même, il n’est pas une bonne personne. Elevé avec l’idée que le mal est plus fort que le bien, il va rapidement découvrir les aspects les plus sombres des âmes humaines. Témoin d’un meurtre perpétué par son père à l’âge de sept ans, il grandit à New York au sein d’une famille dévouée à la mafia sicilienne de Big Apple. Son paternel, ses oncles, tous sont au service de la famille Gambino qui dirige la pègre de la métropole. De ses jeunes années, Roberts ne retiendra que la perte d’un père qui ne lui a jamais témoigné la moindre attention, forcé de se planquer en Sicile et sa philosophie nocive (ou constructive s’est selon). Sa mère décédera alors que Jon n’est pas encore un adolescent. Il terminera sa vie de jeunes hommes chez ses grands-parents qui vivent dans le New Jersey ou chez sa grande sœur. Il se lancera au lycée dans la voie de l’illégalité et des arnaques lors de ces années de lycéen. Larcins qui le conduiront à la case prison très jeunes. Pour en sortir, il s’engagera dans l’armée pour aller combattre au Vietnam. Si la morale de Jon Roberts n’était sans doute déjà pas sa plus grande vertu, cette expérience militaire va définitivement le faire plonger dans une noirceur et une folie peu banale. Lâcher un psychopathe en devenir armé dans la campagne vietnamienne avec pour seule mission de dégommer le plus possible d’ennemis n’est sans doute pas le meilleur moyen de le ramener dans le droit chemin.

Après avoir brillamment rempli sa mission d’extermination et s’être fait rapatrier au pays, un gros bout de boite crânienne en moins, Roberts sera introduit dans le milieu familial par ses oncles. Entré au service de la famille Gambino à New York, il prendra le contrôle de nombreuses night clubs dans la ville qui ne dort jamais. Roi de la nuit, affranchi, Jon se fait un nom dans le milieu et se forge une expérience de malfrats. Mais toute les bonnes choses on une fin et entre démêlés avec d’autres membres de la mafia et la pression sur sa personne mise par le FBI, il se planquera à Miami et tentera de changé de vie. Veine tentative qui l’amènera à reprendre ses activités criminelles et à se lancer dans le trafic de cocaïne.

De fil en aiguille, Jon Roberts deviendra le principal représentant du cartel de Medeline aux Etats-Unis et introduira des milliers de tonnes de poudre dans le pays. Il hérita du surnom de cocaïne cowboys.

Une existence pareille valait bien un bon gros livre pour retracer ces nombreuses lignes qui nous offre une plongée au coeur du crime organisé aux Etats-Unis dans les années 70’s et 80’s. American Desperados est un récit qui offre un nouvel éclairage sur le rêve américain, un point de vue inédit et sulfureux autant que passionnant. Il y a une fascination naturelle qui se dégage du récit de la vie d’une personne qui passa son temps à déjouer aussi bien les nombreux efforts du gouvernement des Etats Unis que les rivalités et les collaborations douteuses du milieu qu’il fréquente. Et l’on se surprend à éclater de rire à nombreuses reprises devant les scènes surréalistes qui ont pu composé la vie de Jon Roberts autant que l’on est ému du dénouement lorsqu’il se rend compte, en prison qu’il ne compte pour personne. Cette histoire d’un petit italien de New York qui gravira les échelons de la société américaine à la force de ses poings et d’activités criminelle pour se retrouver à la table de juges fédéraux et comme débiteur du Général Noriega fracasse les limites de la littérature pour la ramener de force dans son terreau primaire, le réel.

CouvJon Roberts & Evan Wright
American Desperado
13e Note, 2013

 

 

 

 

 

 

 

 

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