La mauvaise pente / Chris Womersley

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« Le corps suit ses propres rêves – si seulement on savait en lire les signes et les courbes. Comme toute géographie, il contient bien des histoires, chaque plaie et bosse résultant d’un accident de jeunesse ou de mésaventures plus funestes. ».

En termes de mésaventure, le jeune Lee n’est pas en reste. Funestes ou pas. Il débarque un soir dans un motel minable, une balle logée dans son abdomen, aux portes du trépas. Par chance, l’un des clients de l’hôtel, Wild, est médecin et la tenancière lui confie la vie du jeune homme. Par manque de chance, Wild n’exerce plus depuis qu’il a plongé dans l’enfer de la morphine et qu’il se shoot à longueur de journée. Incapable d’opérer Lee, il lui propose toutefois de l’emmener chez son mentor qui lui, pourra s’occuper de cette vilaine blessure. Commence alors une chevauchée sauvage pour fuir leurs existences sordides et tenter de sauver ce qui peut l’être.

« Lee ne connaissait rien à la balistique, sinon les termes les plus vagues : balle, poudre, amorce, éclair. Y avait-il quelqu’un, quelque part, qui saisissait pensivement les produits finis entre ses doigts gantés pour les porter à la lumière. Se demandait-il jamais, ces gens, où ces projectiles finissaient ? Une balle n’avait qu’un seul but, – un seul. ».

Chris Womersley nous entraine d’une écriture affirmée et épurée au cœur des ténèbres des existences de ses personnages. Il ne leur épargne pas grand-chose tout en respectant à merveille leur humanité et leurs ambivalences. Et tandis que Lee et Wild dévalent « la mauvaise pente » plus vite qu’ils ne le devraient vers les mirages de jours meilleurs, l’implacable réalité refait surface pour saccager un peu plus les espoirs qu’ils ont.

« Je ne sais pas comment j’ai pu échouer ici. Il y a d’autres endroits, figure-toi. Des endroits où il fait bon vivre. Ce n’est pas partout pareil. Je le sais, parce que j’y suis allé. Autre fois. Des endroits lumineux, propres et … où l’avenir est ouvert. Il y a des femmes, Il y a même un horizon. ».

Sombre et cru, ce récit d’un voyage improvisé et désespéré est à couper le souffle.

CouvChris Womersley
La mauvaise pente
Albin Michel, 2014

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