Kafka faisait fureur / Anatole Broyard

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« Le tragique – et le comique – de mon histoire est d’avoir pris à cœur la vie américaine avec la même sincérité fervente et obstinée que les jeunes gens placent d’ordinaire dans leurs relations amoureuses. ».

Au sortir de la seconde guerre mondiale, Anatole Broyard rentre au pays et tente de reprendre le cours de son existence. Après quelques temps passés à guerroyer, il quitte le foyer familial de Brooklyn pour s’installer à Greenwich Village dans l’appartement que Sheri Donatti lui propose de partager. Commence alors le récit de folles années partagées entre études, fascination pour la littérature, vie de bohème et apprentissage sexuel. Si Sheri ouvre à Anatole les portes des milieux artistiques du Village, elle lui ouvre aussi de nouvelles perspectives sentimentales. Leur histoire ambiguë et par moment toxique tiendra quelques temps avant que l’idylle ne capote et qu’Anatole fasse alors l’expérience de la solitude et de la vie de célibataire.

« J’étais seul entre des accès de désir, entre des distractions. Il n’y avait pas de paix avec elle. Elle était comme une tentation récurrente de commettre un crime. ».

Au sortir de sa relation avec Sheri, Anatole Broyard part vivre seul dans un appartement du Village. Il continue d’entretenir ses amitiés avec le cercle littéraire du quartier et nous livre le récit de ses rencontres avec W.H. Auden, Meyer Shapiro ou encore Dylan Thomas et prend lui-même pour la première fois une plume pour commencer un long travail d’écriture qui le conduira à devenir critique pour le New York Times. A travers son récit transpire son amour des livres et de la littérature qui le conduira à ouvrir une librairie d’occasion avant de se lancer à son tour dans l’écriture.

« Je sais bien que les gens continuent à lire des livres aujourd’hui et que certains adorent ça, mais en 1946 dans le Village nos sentiments pour les livres […] allaient au-delà de l’amour. C’était comme si nous ne savions pas où nous finissions et où eux commençaient. ».

Récit d’une initiation et d’une formation, empreint de nostalgie et de passion, Kafka faisait fureur retrace les grandes heures d’un quartier qui vécut ses plus belles heures au sortir d’un terrible conflit. Il souffle sur cet ouvrage un souffle indubitable de liberté et d’espérance qui entraine le lecteur dans un passé soyeux et unique.

couvAnatole Broyard
Kafka faisait fureur
Bourgois, 2014

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