Raylan / Elmore Leonard

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« Tu représentes la loi, tu t’attends à ce que tout ce que tu dis soit suivi d’effet. Tu es comme un marshal d’antan, quand il donnait l’ordre à un type de qu’il n’aimait pas de quitter Doge avant le coucher du soleil. ».

Raylan Givens est marshal des Etats-Unis. Il opère dans le Kentucky, comté de Harlan. Et le moins que l’on puisse dire et que ce n’est pas de tout repos. Entre une assistante de transplantation qui se lance dans le trafic de reins en compagnie de petits malfrats de la région, une compagnie minière qui veut mettre la main sur une nouvelle montagne et trois strip-teaseuses camées qui braque des banques, Raylan ne manque pas de travail. Heureusement il sait y faire et sa tête lui permet de se sortir de bien mauvaises situations.

« Vous êtes là à ne rien faire, si je puis dire, pendant que votre cerveau vous suggère des remarques qui font mouches. ».

Si ces trois enquêtes ne font pas réellement corps entre elles, leur enchainement offre un beau terrain d’expression à Raylan. Mais surtout leurs protagonistes principaux ne sont pas ceux que l’on croit. Car derrière les truands plus ou moins intelligents qui se salissent les mains, rodent sur chacune de ces affaires les notables du comté, les vrais criminels qui gardent, eux, leurs mains bien propres. A ce titre les antagonismes mis en place par Leonard entre Harry Burgoyne, Carol Conan et Pervis Crow sont frappants. Le premier a fait fortune dans l’élevage de chevaux de course. Personnage antipathique, raciste et vraiment crétin s’il en est, Harry n’en reste pas moins un parvenu optimiste et bon vivant. S’il n’est directement impliqué dans aucune des trois enquêtes de Raylan, sa figure plane sur elles sans que son rôle ne soit jamais réellement clair.

Pervis pour sa part est un mafieux à l’ancienne qui gère le trafic de marijuana de l’état et l’alimente fortement grâce à ces nombreuses plantations à travers tout le comté. S’il est loin d’être un enfant de cœur, Pervis reste un criminel intelligent et qui connait suffisamment bien les affaires pour ne pas se laisser prendre.

Ces deux personnages aux rôles ambigus et aux intentions floues décrivent bien les mécanismes à l’œuvre dans ce roman. Les riches et puissants citoyens jouissent d’une certaine impunité tandis que les petits truands ou ceux qui manquent d’ambition se font avoir ou tuer.

Reste le cas de la figure de Carol Conan. Vice-présidente d’une compagnie minière, elle a assassiné de sang froid un ancien ouvrier en colère. Elle aussi est riche et puissante mais finira bien mal. Son tort ? Ne pas être de la région. Car pour bénéficier d’un traitement particulier dans ces contrées profondes des Etats-Unis, il faut être sérail.

CouvElmore Leonard
Raylan
Rivages, 2014

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