Putain d’Olivia / Mark SaFranko

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« Lâche-moi, Max ! Ca fait quatre ans que je supporte tes conneries, que je t’écoute délirer sut tous les trucs et tous les gens que tu détestes, te prendre pour un génie, me sucer ma vie et mon sang comme une sangsue ! Duke Johnston au moins c’est un homme, un vrai, pas un bébé ! Lui au moins, il est capable de garder un boulot et de payer son loyer ! C’est peut-être pas un millionnaire ni une célébrité, mais il a pas de putains de prétentions artistiques dans la peau lui, Dieu merci ! Il sait prendre des décisions ! Pour lui, la vie c’est blanc ou noir, vrai ou faux, pas rien que de l’angoisse, de la torture – et des livres ! »

Quand Olivia Aphrodite Tanga s’adresse à l’homme qui partage sa vie depuis près de quatre ans, elle ne prend pas de pincette et ne le ménage pas. Elle vise plutôt à l’enfoncer encore plus dans la couche de détritus qui constitue sa vie. Et si elle apparait comme salvatrice dans la déchetterie de Max Zajack, elle se révélera bien vite une ambivalence tranchante et dangereuse.

Putain d’Olivia, est le récit d’un amour plein d’espoirs et d’illusion mais qui vire inévitablement au désenchantement jusqu’à virer dans la folie ordinaire de couples qui ne peuvent plus encadrer le portrait du conjoint. Louvoyant entre auto-apitoiement et compréhension, Max nous livre le récit de cette lente agonie sentimentale qui ne pouvait déboucher sur autre chose que l’inévitable rupture et la chute des espoirs placés en cette relation mais aussi sur une certaine forme de résurrection qui prendra le spectre de l’écriture comme solution thérapeutique et épurative.

Tout sexe et ambitions artistiques lors de la phase initiale de leur relation, Max et Olivia vont vite être rattrapés par de dérangeantes réalités économiques et vont ainsi se mettre en position de survie pour subvenir à leurs besoins. De jobs minables en places de travail kafkaïennes, nos deux tourtereaux vont faire l’expérience du monde du travail qui travestit bien vite le postulat de base de leur idylle et poussera Max sur le chemin de la rédemption littéraire avec comme seul horizon, les chimères d’un hypothétique succès qui réhabiliterait les potentielles journées à louvoyer dans les creux anatomiques d’Olivia.

Mark SaFranko nous livre une histoire d’amour toxique, d’addiction à l’être aimé sous forme d’un récit caustique et touchant à l’écriture limpide et énergique, forte et rugueuse, de la même veine que le récit qu’elle sert en somme. Si Kerouac nous avait gratifiés de ses Clochards célestes, ZaFranko nous balance en plein gueule ses losers sublimes.

« J’étais dévoré de visions de violence sanglante. Quand tu sais sans l’ombre d’un doute qu’un autre homme  a pris ta place dans le lit d’une femme, tu peux pas répondre de tes pensées – ni de tes actes. En imagination, je me voyais entrer par effraction au 5C et exploser la cervelle de Duke Johnston pendant son sommeil. Puis je prendrais Livy de force et l’obligerais à m’obéir. Elle me lècherait les couilles. Elle me sucerait la queue à me la lessiver. Elle me pomperait jusqu’à plus soif. Je le forcerais à me regarder faire l’amour à d’autres femmes. Et quand j’en aurais assez, je la tuerais, elle aussi.

Mais je n’ai rien fais de tel. Comme la coquille brisée que j’étais, j’ai rien su faire d’autre que lui faire livrer une douzaine de roses rouge vif. J’ai rien reçu en retour ».

CouvMark SaFranko
Putain d’Olivia
13e note, 2009

 

 

 

 

 

 

 

 

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